À Aix-en-Provence, où une installation produit en moyenne 1 200 à 1 400 kWh par kWc et par an (contre 900 à 1 100 kWh dans le nord de la France), la bonne puissance se calcule sur votre consommation annuelle, pas sur la surface de votre maison. Concrètement, pour la majorité des maisons aixoises de 80 à 130 m² consommant entre 6 000 et 10 000 kWh par an, 6 kWc est aujourd’hui le meilleur compromis. On descend à 3 kWc pour les petites maisons chauffées au gaz, et on monte à 9 kWc seulement si une pompe à chaleur, une piscine chauffée ou une voiture électrique entrent dans l’équation.
Surdimensionner à Aix est un piège. Chaque kWc en trop produit de l’électricité que vous revendrez à 0,04 €/kWh au lieu de l’autoconsommer à environ 0,194 €/kWh. Le ratio est de près de 5 contre 1, à condition bien sûr de pouvoir consommer effectivement cette production sur place.
Pourquoi la taille de votre maison ne suffit pas pour choisir la puissance
Le réflexe est compréhensible : 100 m² donnerait 3 kWc, 200 m² donnerait 9 kWc. C’est exactement le calcul à ne pas faire.
Le critère qui dicte la puissance, c’est votre consommation électrique annuelle en kWh. Vous la trouvez sur votre facture EDF ou dans votre espace Linky. La surface n’est qu’un proxy, et un proxy souvent trompeur. Une maison de 150 m² chauffée au gaz consomme moins d’électricité qu’une maison de 100 m² tout électrique. La première a besoin de 3 kWc, la seconde de 6.
Voici les ordres de grandeur à connaître pour vous situer.
| Profil de maison | Surface | Équipements électriques | Conso annuelle estimée |
|---|---|---|---|
| Petite maison, chauffage gaz ou bois | 70 à 90 m² | Électroménager, eau chaude électrique | 3 000 à 5 000 kWh |
| Maison familiale tout électrique avec convecteurs | 100 m² | Convecteurs, ballon ECS | ~14 500 kWh |
| Maison familiale avec pompe à chaleur | 130 m² | PAC air-eau, ECS | 9 000 à 11 000 kWh |
| Grande maison, PAC + véhicule électrique | 150 m² | PAC, recharge VE | 13 000 à 17 000 kWh |
| Très grande maison, PAC + piscine chauffée | 180 à 200 m² | PAC, piscine PAC, parfois VE | 16 000 à 22 000 kWh |
Quelques règles simples pour ajuster votre profil. Une pompe à chaleur air-eau ajoute environ 51 kWh/m²/an à votre consommation, soit 5 100 kWh pour 100 m² chauffés. Une voiture électrique en recharge à domicile ajoute 2 000 à 3 000 kWh sur l’année. Une piscine chauffée par pompe à chaleur ajoute facilement 3 000 à 4 000 kWh sur la saison.
Si vous ne trouvez pas votre facture, regardez votre dernière relève annuelle dans l’application Enedis ou demandez l’historique à votre fournisseur. Ce chiffre, c’est votre point de départ. Sans lui, n’importe quel installateur peut vous proposer n’importe quelle puissance.
Ce que produit chaque puissance à Aix-en-Provence

Avant de choisir une puissance, il faut savoir ce qu’elle va réellement produire chez vous. À Aix, le chiffre qui compte s’appelle le productible.
Une installation aixoise correctement orientée produit entre 1 200 et 1 400 kWh par kWc et par an. La fourchette haute (proche de 1 450 kWh/kWc) suppose une orientation plein sud, une inclinaison de 30 à 35 degrés et aucun masque (arbre, cheminée, bâtiment voisin). En conditions réelles, la plupart des installations atteignent 1 200 à 1 350 kWh/kWc. Pour comparaison, en région parisienne, la même installation produit 900 à 1 100 kWh/kWc. Aix bénéficie d’environ 2 800 heures d’ensoleillement annuel et se situe dans la zone climatique la plus favorable de France métropolitaine. Le mistral apporte un bonus discret : en refroidissant les modules, il améliore légèrement leur rendement, surtout en été.
Voici ce que cela donne pour les trois puissances résidentielles standard, en prenant un productible prudent de 1 300 kWh/kWc.
| Puissance installée | Production annuelle attendue à Aix | Nombre de panneaux | Surface de toiture nécessaire |
|---|---|---|---|
| 3 kWc | 3 900 à 4 200 kWh | 7 à 8 panneaux | ~15 m² |
| 6 kWc | 7 800 à 8 400 kWh | 14 à 16 panneaux | ~30 m² |
| 9 kWc | 11 700 à 12 600 kWh | 21 à 24 panneaux | ~45 m² |
La règle pratique : comptez 5 à 6 m² de toiture par kWc avec des panneaux modernes de 425 à 455 Wc. Si votre toit dispose de 30 m² bien exposés, 6 kWc passent sans difficulté. Si vous n’avez que 20 m² utilisables, viser 9 kWc impose des panneaux à plus haut rendement, donc plus chers au Wc.
Bon à savoir : un panneau photovoltaïque perd en moyenne 0,5 % de rendement par an. Sur 20 ans de contrat, cela représente une dizaine de pourcents de production en moins en fin de période. Les calculs de rentabilité sérieux intègrent cette dégradation.
Ces chiffres de production sont la moitié de l’équation. L’autre moitié, c’est ce que vous allez en faire.
La bonne puissance pour votre maison aixoise : 3 cas de figure
Trois paliers structurent le marché résidentiel : 3, 6 et 9 kWc. Ce ne sont pas des choix arbitraires. Ces seuils correspondent à la prime à l’autoconsommation, au tarif de rachat du surplus, à la fiscalité et au taux de TVA. Reconnaissez-vous dans un des trois profils ci-dessous, et vous avez votre puissance.
3 kWc : petite maison ou résidence secondaire
Pour une maison de 70 à 90 m² chauffée au gaz, au bois ou au fioul, peu d’équipements électriques lourds, ou pour une résidence secondaire occupée surtout en été. Consommation annuelle entre 3 000 et 5 000 kWh.
À Aix, 3 kWc produit environ 3 900 à 4 200 kWh sur l’année avec un productible prudent. C’est suffisant pour couvrir l’essentiel de la consommation, à condition d’autoconsommer 50 à 70 % de cette production. La prime à l’autoconsommation s’élève à 240 € (80 €/kWc, versée en une seule fois environ un an après la mise en service). Comptez entre 6 000 € et 12 000 € pour une installation complète posée par un professionnel RGE, avant déduction de la prime.
Avantage spécifique de cette puissance : les revenus tirés de la vente du surplus restent exonérés d’impôt sur le revenu, à condition que l’installation soit raccordée au réseau public en deux points au plus et qu’elle ne soit pas affectée à une activité professionnelle. Cette exonération couvre aussi les prélèvements sociaux.
6 kWc : la majorité des maisons aixoises
C’est le palier optimal pour la plus grande partie des propriétaires. Maison de 100 à 150 m², famille de 3 à 5 personnes, chauffage électrique modéré ou pompe à chaleur, pas de piscine chauffée toute la saison. Consommation entre 6 000 et 10 000 kWh par an.
À Aix, 6 kWc produit 7 800 à 8 400 kWh par an avec un productible prudent (et jusqu’à 9 000 kWh dans des conditions optimales). Avec un taux d’autoconsommation correct de 50 à 70 %, vous couvrez la moitié à deux tiers de votre facture annuelle. La prime atteint 480 €. Comptez 30 m² de toiture bien orientée. Le budget se situe entre 10 000 € et 18 000 € avant déduction des aides.
Point fiscal important à connaître dès ce palier : dès que la puissance dépasse 3 kWc, les revenus issus de la vente du surplus deviennent imposables. Le régime applicable par défaut est le micro-BIC, avec un abattement forfaitaire de 71 % sur les recettes brutes. Seuls 29 % de vos revenus de revente sont donc soumis à l’impôt sur le revenu, plus les prélèvements sociaux. Pour un foyer aixois en 6 kWc qui revend quelques centaines d’euros de surplus par an, l’impact fiscal reste modeste, mais il existe.
Si vous hésitez entre 6 et 9 kWc, gardez en tête une chose : le passage à 9 kWc ne se justifie que si votre consommation atteint réellement 10 000 kWh ou plus. Sinon, vous payez plus cher pour produire de l’électricité que vous revendrez à un tarif faible.
9 kWc : maisons gourmandes en électricité
Réservé aux maisons de 130 à 200 m² équipées de pompe à chaleur, et avec en plus une piscine chauffée, une voiture électrique, ou plusieurs de ces postes. Consommation supérieure à 10 000 kWh par an, souvent 13 000 à 18 000 kWh.
À Aix, 9 kWc produit 11 700 à 12 600 kWh annuels avec un productible prudent. La prime atteint 720 €. Le tarif de rachat du surplus reste de 0,04 €/kWh, identique aux puissances inférieures. Comptez 45 m² de toiture utile et un budget entre 14 000 € et 22 000 € avant prime.
Pourquoi ne pas viser plus ? Au-delà de 9 kWc, plusieurs paramètres changent. La prime à l’autoconsommation passe à 120 €/kWc pour la tranche 9 à 36 kWc (T2 2026), montant unitaire plus élevé qu’en deçà, mais le versement bascule en cinq annuités (80 % la première année, puis 5 % par an pendant quatre ans) au lieu d’un versement unique. Le régime micro-BIC déjà applicable au-delà de 3 kWc continue de s’appliquer. Et si vous êtes en monophasé, ce qui est le cas de la quasi-totalité des maisons aixoises, l’injection sur le réseau est plafonnée à 6 kVA. Monter au-delà de cette injection impose soit un onduleur bridé, soit un passage en triphasé, soit plusieurs centaines d’euros de frais supplémentaires côté Enedis. Pour une maison individuelle, 9 kWc reste le plafond pertinent.
Un point à connaître : depuis fin mars 2025, la vente totale (revendre 100 % de votre production sans rien autoconsommer) n’existe plus pour les installations de 9 kWc ou moins. Le seul modèle disponible, c’est l’autoconsommation avec vente du surplus. C’est pourquoi tout le raisonnement de dimensionnement tourne autour de votre consommation, pas autour du prix de revente.
TVA, démarches, aides locales : ce qu’il faut savoir avant le devis

Trois sujets méritent une mention claire avant de signer.
TVA réduite à 5,5 % : disponible sur le papier, rare en pratique. Depuis le 1er octobre 2025, les installations de 9 kWc ou moins peuvent bénéficier d’une TVA à 5,5 % au lieu de 20 %, soit une économie d’environ 1 700 € sur une 6 kWc et 2 200 € sur une 9 kWc. Mais quatre conditions cumulatives s’appliquent : panneaux certifiés bas carbone (empreinte inférieure à 530 kgCO₂eq/kWc, attestation Certisolis PPE2-V2 datée), seuils respectés sur l’argent, le plomb et le cadmium, et installation associée à un système de gestion de l’énergie (EMS) capable de piloter au moins un usage électrique en fonction de la production. Au début 2026, très peu de modules sur le marché remplissent ces critères et leur surcoût annule souvent l’économie de TVA. Pour la grande majorité des projets, la TVA reste à 20 %. La TVA intermédiaire à 10 % a été supprimée le 1er janvier 2026.
La déclaration préalable de travaux est obligatoire. Avant la pose, vous devez déposer en mairie un dossier de déclaration préalable de travaux (formulaire Cerfa 16702), car les panneaux modifient l’aspect extérieur du bâtiment. Le délai d’instruction est d’un mois en zone normale, deux mois en zone protégée (Architecte des Bâtiments de France). Le dépôt est gratuit et peut se faire en ligne via le Guichet Numérique des Autorisations d’Urbanisme. Démarrer les travaux sans cette autorisation expose à une amende d’au moins 1 200 €.
Le tarif et la prime sont figés à la DCR, pas à la signature du devis. Le montant que vous toucherez (prime à l’autoconsommation et tarif de rachat du surplus à 0,04 €/kWh) est verrouillé à la date de validation de votre Demande Complète de Raccordement par Enedis. Pas à la date du devis, ni à la mise en service. Le tarif de 0,04 €/kWh est ensuite indexé chaque année selon un coefficient prévu au contrat (basé sur des indices industriels), ce qui amortit progressivement l’inflation sur les 20 ans du contrat. Cette nuance est utile pour bien dimensionner son installation à Aix-en-Provence et anticiper le calendrier administratif.
Pas d’aide locale dédiée au PV résidentiel des particuliers en PACA. Contrairement à une idée répandue, ni la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur ni le département des Bouches-du-Rhône ne proposent d’aide directe à l’installation photovoltaïque pour un particulier en maison individuelle. Provence Éco-Rénov finance l’isolation et le chauffage thermique mais exclut le PV classique. Le programme Sud PV Plus s’adresse uniquement aux personnes morales (entreprises, collectivités, copropriétés) avec un seuil minimum de 10 kWc. Le financement repose donc sur les seules aides nationales : prime à l’autoconsommation, TVA réduite (sous conditions strictes), tarif de rachat garanti.
Avant de signer, le seul calcul à faire
Vous avez un devis sur la table. Avant de le signer, faites ce calcul en cinq minutes, votre dernière facture annuelle d’électricité à portée.
La formule :
Puissance en kWc = (Consommation annuelle en kWh × 0,6) ÷ 1 300
Le 0,6 correspond à un objectif d’autoconsommation de 60 %, qui est aujourd’hui le seuil de rentabilité visé après la baisse des tarifs de rachat. Le 1 300 est le productible aixois prudent en kWh par kWc.
Deux exemples appliqués.
Maison de 130 m² à Puyricard, pompe à chaleur air-eau, 11 000 kWh par an. Calcul : (11 000 × 0,6) ÷ 1 300 = 5,1 kWc. Le palier juste au-dessus, c’est 6 kWc. Pas 9.
Grande maison de 200 m² au Tholonet, PAC, piscine chauffée et voiture électrique, 18 000 kWh par an. Calcul : (18 000 × 0,6) ÷ 1 300 = 8,3 kWc. Là, 9 kWc se justifie pleinement.
Le piège que cette formule permet d’éviter : un installateur qui propose 9 kWc à un foyer consommant 6 000 kWh par an, profil très courant pour une maison de 100 m² au gaz. Dans cette configuration, l’installation produit environ 11 700 kWh, dont seulement 4 000 environ seront autoconsommés. Les 7 700 kWh restants partent sur le réseau à 0,04 €/kWh, soit environ 310 € par an. Si ces mêmes 7 700 kWh avaient pu être autoconsommés au tarif réseau de 0,194 €/kWh, ils auraient économisé près de 1 500 €. Le surdimensionnement coûte donc plus de 1 100 € de manque à gagner par an, sur 20 ans de contrat. Soit plus de 22 000 € en cumulé, pour un investissement initial supplémentaire qui n’a aucun sens.
Si le résultat de votre calcul tombe entre deux paliers, deux questions à vous poser. Avez-vous un projet d’achat de véhicule électrique ou de pompe à chaleur dans les deux ou trois ans ? Si oui, dimensionnez sur la consommation future, pas sur l’actuelle. Ajouter des panneaux après coup coûte plus cher qu’installer la bonne puissance dès le départ. Avez-vous une grande toiture orientée plein sud sans masque ? Le palier supérieur peut alors se justifier si vous comptez optimiser fortement votre autoconsommation, par exemple en programmant le ballon d’eau chaude et la recharge de la voiture sur les heures de production solaire.
Si votre installateur propose une puissance qui s’écarte de plus d’un palier de votre calcul, demandez-lui de justifier. La réponse doit reposer sur votre consommation réelle, pas sur la surface de votre toit ou sur le fait que vous habitez à Aix.
